A l'heure où j'écris ces lignes, le Chili compte plus de 700 morts dans le tremblement de terre... Hélas, ma peine ne sert pas à grand chose et The Show Must Go On, c'est plus facile à dire qu'à faire. Je pense bien fort à vous, et si d'ici, je pouvais empoigner une pelle et commencer à déblayer, je le ferais aussitôt.
Alors que Ban-Ki Moon, Obama, Zapatero et pleins d'autres déclaraient être prêts à apporter leur aide si et quand (voire comment) les chiliens le souhaitent, Barroso lançait: "Je suis profondément choqué par l'étendue du désastre suite au tremblement de terre au Chili... La Commission européenne se tient prête à prendre à tout moment une décision humanitaire de première urgence de 3 millions d'euros pour répondre aux besoins les plus immédiats."
Certes, il dit bien "de première urgence." Mais 3 millions d'euros...?! Je parie que sa résidence principale vaut plus que ça à elle toute seule. C'est bien gentil, mais c'est salement maladroit, et cette annonce en a vexé plus d'un.
Le gouvernement chilien évalue la nature et l'ampleur des dégâts, et a refusé toute aide internationale tant que ses besoins ne seront pas définis.
Moi, je suis en Europe, et j’aurais donné cher pour être sur place et vivre ça en vrai.

Dans les supermarchés chiliens, la caissière (oui, c'est généralement une femme) propose toujours à son client de faire un don à une oeuvre de charité. Par exemple, si elle me doit 817 pesos de monnaie, je peux faire don de 7 pesos et récupérer les 810 restants. Comme la grande majorité des clients, je dis oui. Tout le monde est content : d'une, ça me permet d'éviter d'accumuler de la toute petite monnaie dans mes poches ; de deux, ça booste l'image solidaire du super ; et puis en bout de chaîne, j'espère qu'un enfant affamé mangera une soupe chaude financée par ma générosité hebdomadaire.
La nuit, la majorité des chauffeurs de taxi de Santiago patiente devant la porte de ma maison pour vérifier que je suis bien rentrée chez moi avant de continuer son chemin. Je pensais que c'était une logique commerciale : si j'ai oublié mes clés, qui est là pour m'emmener les récupérer? Le taxi malin, hin hin!
Cependant, mes copines pensent que ces messieurs s'assurent ainsi simplement que je rentre saine et sauve. C'est chou de leur part. Mais généralement superflu, et un poil condescendant et macho - dans l'ensemble, je maîtrise la technique de l'ouverture de serrure, merci bien.

ACTE 1, SCENE 1

Les Chiliens s'inquiètent régulièrement de savoir si la France me manque.
La France non, c'est l'Europe qui me manque, ses grandes idées et ses petits détails:
Aujourd'hui, c'est la fête des mères au Chili, comme dans de nombreux pays d'Europe.
Comme je suis une fille, j'ai tendance à avoir mes règles de temps en temps. En espagnol chilien, le phénomène s'appelle "enfermarse" - tomber malade, comme si la menstruation était une affection honteuse et douloureuse.
Ce blog réunit de petits racontars de l'autre bout du monde - depuis le Chili, cette drôle de bandelette de terre sur la côte pacifique. Je partagerai ici ce qui m'agace, me réjouit, m'attriste, me surprend, me fait réfléchir.
Au passage, j'espère voir se dessiner une image fidèle - bien que partielle et partiale - de mon expérience sud-américaine. Un regard personnel et forcément européen sur la vie chilienne; une perspective un peu changée sur l'Europe, les Européens, et ce qui les (nous!) touche.